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Regard sur nos assiettes - Pierre Beccu

mercredi 23 septembre 2015, par LM


Regard sur nos assiettes est un film documentaire de création réalisé par Pierre Beccu qui s’adresse d’une façon responsable et souvent drôle à toutes les générations, et plus particulièrement aux jeunes. Il raconte l’enquête sur l’alimentation menée par six étudiants en géographie et ingénierie d’espace rural.
De leur assiette au sol, ils remontent la filière des aliments, étudient les impacts de nos choix de consommateurs et découvrent ainsi l’envers de l’assiette.
De la grande surface aux producteurs locaux, les réponses qu’ils recueillent varient sur le fond et sur la forme. Au gré de leurs rencontrent avec des pionniers de l’agriculture de demain, se dessine notre vie à tous.
La bande annonce du film "Regard sur nos assiettes"

"Plus je regarde le fond de mon assiette, plus je pose des questions. En plein début du XXIe siècle comment se nourrir sainement sans se ruiner ? Ce que j’achète, ce que je mange, a-t-il un impact sur mon environnement ? C’est un appétit tout particulier qui m’a incité à raconter cette histoire, l’appétit d’étudiants en gestion de l’espace rural. Je leur ai prêté la caméra et les micros, c’est devenu un film."

Transcription de l’interview de Pierre Beccu, réalisateur du film "Regard sur nos assiettes" invité de Sophie Torlotin sur RFI le 10 septembre 2015


Cliquez ici pour écouter son interview.

Sophie Torlotin : Pierre Beccu bonjour. "Regard sur nos assiettes" part du constat que le consommateur est soumis à des injonctions : comment manger pour pas trop cher, que ce soit sain, économiquement viable ? Et tout part de là.

Pierre Beccu : Je pense qu’il y a un écartèlement qui nous malmène quand on fait ses courses. Le film est l’occasion de poser ses idées reçues, parce qu’il est bon de se remettre en cause, puis de réintroduire la relation essentielle qu’il y a entre l’alimentation et le territoire. C’est ce que font les jeunes, ils enquêtent autour d’eux, aussi bien au supermarché, au marché, à la supérette que chez les producteurs locaux et ils mettent en évidence un certain nombre de pratiques très concrètes. Tout ceci dans un esprit gourmand, positif et surtout motivé par l’esprit de l’échange et de la rencontre.

Sophie Torlotin : Le film est tourné dans une région de montagne, autour d’Annecy et les étudiants se rendent compte qu’à la supérette du coin les fruits et légumes ne proviennent pas de la région, même le lait alors que l’on se trouve dans une région où il y a beaucoup de vaches à lait.

Pierre Beccu : Oui, parce que les enseignes qui maillent le territoire, y compris en centre-ville où elle prennent la place des petits négociants, font travailler leur centrale d’achats, c’est plus simple pour elles. Il ne s’agit pas de les clouer au piloris, il s’agit juste d’être informé, parce qu’il y a dans ce film une curiosité qui met en lumière un certain nombre de pratiques qui ne vont pas forcément dans l’intérêt du consommateur concernant sa santé, l’économie (car l’économie locale n’est pas forcément valorisée, alors que cette dernière saurait nourrir sa population, mais elle n’y a pas accès) et l’environnement (car sur le plan de la préservation de l’environnement, le premier levier c’est l’alimentation).

Sophie Torlotin : Il y a aussi cette idée que le bio et le bon sont forcément plus chers et les étudiants découvrent en enquêtant autour de chez eux que ce n’est pas forcément vrai.

Pierre Beccu : Absolument. Ce qu’il faut surtout, c’est respecter les saisons. On va payer très cher un produit qui a parcouru beaucoup de kilomètres et pour lequel on a forcé la nature pour vous le présenter à un moment où il ne devrait pas l’être. Donc celui-ci, il est très cher.

Sophie Torlotin : Vous prenez l’exemple de la tomate.

Pierre Beccu : Oui, la tomate qui est le fruit le plus consommé au monde. Or c’est hallucinant le nombre d’idées reçues qu’il existe sur la tomate. Dans le film on décortique tout cela et on se rend compte que le consommateur, s’il se met à regarder dans son assiette, a le pouvoir — bien au-delà de se nourrir sainement — d’influer autour de lui sur l’économie, la santé, l’environnement.

Sophie Torlotin : La solution, c’est aussi de faire de la qualité. Bien que dans votre film nous n’abordez pas la crise du porc, on peut appliquer à la crise que traverse l’élevage porcin en France d’autres idées évoquées dans votre film et en particulier de faire moins, mais mieux.

Pierre Beccu : Exactement. Nous n’avons pas voulu toucher les points chauds, car très souvent quand on traite le sujet de l’alimentation, on l’aborde sous un angle très spectaculaire pour être entendu. Et ceux qui ne sont pas en mesure de produire du spectaculaire ne sont pas entendus. Donc là, les étudiants ont voulu leur donner la parole, parce qu’encore une fois les personnes qui interviennent dans le film sont des boulangers, des maraîchers, des paysans, ce sont eux qui composent à 100% le film (avec les étudiants) et ça fait vraiment plaisir à voir. On est dans cette dynamique d’échange, y compris dans les débats qui sont organisés pour la sortie du film, parce que nous sommes persuadés que l’une des solutions à la crise agricole, c’est comme vous le disiez de produire moins, mais de produire mieux et de se remettre à nourrir ses voisins. C’est un film sur l’enjeu agricole et environnemental.

Sophie Torlotin : Pierre Beccu merci.



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